Évolution de la scène gothique

L'année 1985 marque un tournant de la scène gothique au Royaume-Uni, avec la séparation de plusieurs groupes majeurs, comme Bauhaus, UK Decay, Sex Gang Children ou Southern Death Cult, et l'arrivée sur le devant de la scène de groupes plus rock (là où les fondateurs étaient plus punk) tels que The Sisters of Mercy (The Sisters of Mercy est un groupe de rock gothique anglais des années 1980. Le nom du groupe serait inspiré par une chanson de Leonard Cohen où la locution « the sisters of mercy » désignerait alternativement un ordre religieux du même nom, et des prostituées. Très influent dans les milieux gothiques, le groupe n'a pourtant sorti que trois albums en près de 25 ans d'existence), The Mission UK ou Fields of the Nephilim.

D'autres groupes des premiers temps évoluent vers des directions plus pop ou new wave, comme Siouxsie & the Banshees et The Cure.

Émergent également à cette période des groupes produisant une musique lyrique et mélancolique, souvent inspirée de world music et de poésie romantique. Très influents sur la scène sans en faire réellement partie, les fers de lance de ce nouveau genre sont Dead Can Dance (Les deux membres fondateurs, Brendan Perry et Lisa Gerrard, ont développé leur propre univers, évoluant de la cold wave originelle vers des musiques d'inspiration liturgiques et médiévales aux sonorités incantatoires voire magiques, avant d'aboutir à une musique plus folklorique aux emprunts nord-africains, sud-américains ou asiatiques), This Mortal Coil (This Mortal Coil est un projet musical original, fondé en 1984 par des artistes et le président Ivo Watts Russell de la maison de disques anglaise 4AD en hommage à Ian Curtis de Joy Division, décédé en 1980. Tous ses membres appartenant déjà à d'autres groupes musicaux, This Mortal Coil est un supergroupe. Il tire son nom d'un vers de Shakespeare, dans Hamlet) ou Cocteau twins (Ce groupe écossais apparu au début des années 1980 a durablement marqué la musique pop britannique, avec ce mélange de mélancolie, de féerie et de légèreté. On a d'ailleurs parlé, à son propos, de dreampop, terme assez vague qui désigne toute une frange du rock indépendant des années 1980 surtout (mais aussi les années 1990), chanté par des femmes à la voix éthérée).
Évolution  de la scène gothique

# Posté le jeudi 19 avril 2007 19:54

le declin du mouvement

le declin du mouvement
La deuxième moitié de la décennie 1980 vit un déclin du mouvement gothique au Royaume-Uni, certainement imputable à un manque de créativité des groupes restant en activité, malgré quelques sursauts ponctuels comme le remix de Temple Of Love des Sisters of Mercy avec la participation de Ofra Haza.


Ofra Haza:
Née le 19 novembre 1957 à Tel Aviv et décédée le 23 février 2000, la chanteuse Ofra Haza est issue d'un milieu très modeste originaire du Yémen. Comme dans le cas de beaucoup de citoyens de confession juive dans les pays arabes, sa famille a émigré en Israël dans le contexte de la crise au Proche-Orient.

Si elle fit ses premiers pas dans une troupe théâtrale à l'âge de 12 ans, sa carrière connu surtout son essor après son service militaire, sur la scène de la variété israélienne. Il peut être noté ses premiers albums à l'instar de Shir Hashirim Besha'Ashum'Im (1978), Al Ahavot Shelanu (1980) et Bo Nedaber (1981) qui lui conférèrent une popularité croissante avant de contribuer à la faire désigner comme représentante de son pays lors du concours Eurovision de l'année 1983. Une compétition artistique au bout duquel elle fut classée deuxième des résultats, avec son titre intitulé Chai.

Cet exploit dynamisa sa reconnaissance musicale en Israël mais permit aussi d'étendre sa notoriété à l'étranger. Cependant, il fallu attendre 1985 et l'alliance musicale entre des arrangements pop, de la musique traditionnelle et des chants religieux (textes du rabbin Shalom Shabazi du XVIIe siècle), sur l'album Yemenite songs, pour assister à une véritable consécration internationale. À ce sujet, le titre Im in Alu a conservé le sommet des charts musicaux occidentaux durant de longues semaines et Ofra Haza devient une habituée des plateaux de télévision. Suivront d'autres albums à vocation internationale à l'instar de Shaday et de Desert Wind, qui l'ont amené à travailler aux États-Unis et y effectuer des tournées de promotion.

Parmi ses plus célèbres collaborations, il convient de retenir notamment la participation au morceau précurseur de la musique électronique contemporaine, Pump up the volume du groupe M/A/R/R/S (1987), et surtout Paid in Full d'Eric B. & Rakim ainsi que le titre Temple of love, touched by the hand of Ofra avec les britanniques Sisters of Mercy (1992).

En 1994, elle marque son retour sur la scène israélienne avec l'album Kol Haneshama, au style plus traditionnel et composé de ballades. Une nouvelle consécration nationale lui fut réservée ainsi qu'une notoriété jamais démentie, qui la fit se faire inviter par le Premier Ministre Yitzhak Rabin afin de chanter lors de la cérémonie de l'octroi du prix Nobel de la paix ladite année. Par la suite, elle collabora également au projet des bandes musicales du dessin-animé Le Prince d'Égypte ainsi que du film, The Governess.

Sa vie fut cependant interrompue de manière inopinée à l'âge de 43 ans, Ofra Haza mourut au mois de février 2000 de complications immunitaires par contraction du virus HIV. De son parcours, le Premier Ministre de l'époque, Ehud Barak, dira qu'elle incarnait la « success story à l'israélienne ».


Discographie
Albums

1974 - Ahava Rishona (with Shechunat Hatikvah Workshop Theatre)
1976 - Ve-hutz Mizeh Hakol Beseder (with Shechunat Hatikvah Workshop Theatre)
1977 - Atik Noshan (with Shechunat Hatikvah Workshop Theatre)
1978 - Shir HaShirim Besha'ashu'im (with Shechunat Hatikvah Workshop Theatre)
1980 - Al Ahavot Shelanu
1981 - Bo Nedaber
1982 - Pituyim
1982 - Li-yeladim (Children's Songs)
1983 - Hai
1983 - Shirey Moledet 1
1984 - Bayt Ham
1984 - Shirey Teyman (aka Yemenite Songs or Fifty Gates of Wisdom)
1985 - Yemenite Songs
1985 - Adamah
1985 - Shirey Moledet 2
1986 - Yamim Nishbarim
1987 - Shirey Moledet 3
1988 - Shaday
1988 - Yemenite Love
1989 - Desert Wind
1992 - Kirya
1993 - Oriental Nights
1994 - Kol Haneshama
1995 - Queen in Exile (Unreleased)
1997 - Ofra Haza
1998 - At Montreux Jazz Festival (Live - recorded 1990)
Compilations

1987 - Album HaZahav (Golden Album)
2000 - Manginat Halev (Greatest Hits)
2004 - Manginat Halev 2

Soundtracks
1990 - Wild Orchid
1994 - La Reine Margot (Queen Margot)
1998 - The Prince of Egypt
1998 - The Governess

# Posté le jeudi 19 avril 2007 20:31

renouveau

À la fin de la décennie 1980 et au début des années 1990, l'Allemagne qui, jusqu'ici, n'avait produit que peu de groupes d'importance (hormis entre autre X-Mal Deutschland, Malaria!), voit surgir une vague de nouveaux artistes (et leur public) qui sera cataloguée sous le vocable « dark wave », sans toutefois que celui-ci ne revête une identité artistique particulière.

En effet, dans ce mouvement, certains demeurent (tout d'abord) dans la droite ligne du rock gothique le plus orthodoxe comme Love like blood ou Garden of Delight alors que d'autres teintent leurs racines gothiques d'électro et de musique industrielle (Project Pitchfork, Deine Lakaien, Girls Under Glass).

Le groupe emblématique de ce véritable revival de la scène gothique : Das Ich, projet électronique puisant son inspiration dans la culture allemande, utilisant entre autres des références bibliques (Kain und Abel, Jericho) ou philosophiques (Die Propheten, Gottes Tod).
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# Posté le jeudi 19 avril 2007 20:39

Le mouvement aujourd'hui

Le mouvement aujourd'hui
Rapprochement avec les scènes électronique et industrielle
À la fin des années 1980, l'avènement de la techno ringardise tout mouvement ou référence apparentés au rock, les reléguant du devant de la scène à l'état de scènes alternatives, les disques deviennent plus difficiles à trouver, les concerts sont plus rares et les salles plus petites. Cette situation alimente un sentiment ambigu de la part du public souvent complètement réfractaire aux musiques électroniques, partagé entre la frustration d'avoir perdu un état de reconnaissance commerciale et le plaisir de l'appartenance à un nombre limité de connaisseurs.

D
u fait de ce contexte musical et historique peu propice, ce rapprochement est surtout dû à la concordance des thématiques abordées, au-delà de la coloration musicale des groupes. Ce sont bien les thématiques abordées qui furent reconnues comme similaires et qui posèrent les bases du rapprochement avec ces deux scènes.

# Posté le vendredi 20 avril 2007 07:16

Rapprochement avec la scène metal

Rapprochement avec la scène metal
Alors que, depuis les origines, le mouvement gothique s'était construit - tout comme le mouvement punk et la scène post-punk en général - en opposition avec la scène rock institutionnalisée des années 1970, et donc de la scène heavy metal (cf article heavy metal) qui en fut l'héritière, on vit à partir du milieu des années 1990 des passerelles se former entre les musiques gothiques (cf articles sur les musiques gothique ) et metal.

À par
t quelques exceptions (comme Killing Joke (Killing Joke est un groupe britannique rock, post-punk et metal industriel créé en 1978. Il est reconnu comme un des groupes les plus importants de la période post-punk/new wave de la fin des années 70 et du début des années 80. Il a fortement influencé des groupes comme Nirvana, Metallica, Ministry, Soundgarden et KoЯn, qui ont tous mentionné être redevables à ce groupe)), ces passerelles furent principalement le fait d'artistes métal, agrémentant leur musique d'éléments considérés (parfois à tort) comme gothique, ce qui donna naissance au gothic metal. Ces éléments pouvant être autant musicaux, comme des ch½urs féminins lyriques ou l'usage d'instruments anciens, que culturels, comme des références aux anciennes cultures païennes ou des thématiques liées au désespoir.

Outre, les éléments musicaux, d'autres éléments plus contextuels participèrent à ce rapprochement. La communauté rôliste, évoluant traditionnellement dans des univers heroic fantasy, investira massivement les thématiques sombres contemporaines à partir du début de années 1990 avec la parution du jeu Vampire : la Mascarade. Ce jeu fait évoluer ses héros dans un univers défini comme « gothic-punk » et la première édition des règles est émaillée de citations de groupes comme Killing Joke ou The Sisters of Mercy jetant un pont thématique, musical et même vestimentaire via la Camarilla, version grandeur nature de Vampire.

L
e rapprochement avec les scènes électronique et industrielle, qui étaient moins réticentes envers le métal et qui possèdent un genre dit cross-over (qui prendra le nom de metal indus par la suite le metal industriel, plus connu sous le terme Metal Indus, est un genre musical, sous-genre à la croisée de la musique industrielle et du metal, apparu lorsque certains groupes industriels ont commencé à intégrer des guitares, samplées ou non, dans leur musique), et dont le nom tient justement au fait que ce genre soit à cheval entre le metal et la musique industrielle, avec des groupes comme Nine Inch Nails ou Oomph!, est aussi un élément à prendre en compte. Mais le facteur le plus important tient avant tout à l'amalgame - volontaire ou non - fait par les médias entre la culture métal et la culture gothique, que ce soit pour parler de phénomène de mode comme Marilyn Manson ou Rammstein, ou pour parler de faits divers comme la fusillade du lycée Columbine de Littleton aux États-Unis en avril 1999 ou la profanation du cimetière de Toulon en France en juin 1996.

# Posté le vendredi 20 avril 2007 07:37